Le nomique et le chaotique

Toute chose possède une part d’ordre et une part de désordre.

L’ordre correspond au nomique, du grec νόμος, loi.
Le désordre correspond au chaotique, du grec Χάος, chaos.
Par ailleurs Nomos et Chaos appartiennent tous deux à la mythologie grecque.

Penchons-nous sur ces deux concepts à la croisée de la philosophie, de la science et de la religion.

I Symboles
II Pays
III Éducation
IV Nomique ou chaotique ?


I Symboles

Dans cet article, je représenterai ces deux concepts par les symboles ci-dessous.

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II Pays

J’aime les voyages, et je vais ici vous parler de pays que j’ai visités 🙂 .

1- Japon
2- Allemagne
3- France
4- Espagne

1- Japon

De culture confucéenne, le Japon est un pays profondément nomique. Le devoir, le travail, les règles, sont des choses que les Japonais recherchent.

Je dirais que le Japon est à 99 % nomique. Seulement il se trouve que le 1 % de chaotique est vraiment explosif. Il correspond au taoïsme, où il n’y aucune morale, aucune logique. La pression de la vie est énorme, mais dans le 1 % de liberté, ils se lâchent comme des dingues. Le sexe fait partie des domaines dans lesquels les Japonais sont explosifs, et ils ont bien raison 🙂 .

2- Allemagne

L’Allemagne ressemble au Japon, mais en plus modéré. La semaine de travail est limitée à 40 heures, des rebelles iront occuper des logements vides. Je dirais qu’il y a 80 % de nomique et 20 % de chaotique, ce qui me semble plus équilibré.

Vous pourrez trouver de la révolte organisée. Un morne doctorant pourra très bien trouver sa fantaisie lors de son temps libre en construisant un camping-car avec toit photovoltaïque, batterie, chaîne hi-fi, système d’eau, et une table avec deux bancs, qui se transforme en lit.

L’Allemagne est aussi un pays orienté vers le sexe, avec des hommes qui peuvent se baigner nus dans un plan d’eau, le soir au crépuscule.

3- France

Aujourd’hui, la France est un pays chaotique. De nomique mauvais, on est passé à chaotique mauvais. Si mai 68 avait été basé sur une morale, on serait passé à nomique bon.

L’éducation est en chute libre, et les personnes désireuses d’une vie de qualité gagneraient à s’installer ailleurs.

4- Espagne

L’Espagne est un pays chaotique. En Asie les gens ne se touchent pas, mais les Espagnols sont très tactiles, c’est plus agréable 🙂 . Dans le métro de Barcelona, les gens se bousculent, se touchent sans faire exprès les fesses ou les seins. Ils ne s’excusent pas car là-bas c’est normal et absolument anodin.

Les Espagnols n’en ont jamais rien à foutre. Ils font toujours la gueule, ils ne font aucun effort pour être beaux, y a jamais rien qui marche. Ils sont conviviaux, mais le système est tellement mal foutu qu’on a le choix entre le je-m’en-foutisme et la crise de nerfs. Pas un pays dans lequel j’aimerais vivre.

III Éducation

Au début j’étais extrêmement nomique, mais ma mère m’a offert une liberté d’esprit. Une des raisons pour lesquelles les gens ont du mal à me comprendre est que je possède les deux aspects, nomique et chaotique, tantôt l’un, tantôt l’autre. Et je peux vous dire que le jeu est passionnant 😀 .

Selon moi, la bonne évolution, c’est d’abord nomique, puis on s’intéresse au chaotique. Quand on a des enfants, il faut d’abord qu’il y ait des règles. On se lève à 7:00, on prend le petit-déjeuner, on s’habille, on se lave les dents, on va à l’école. On finit le travail à l’école. On se couche à 21:00, on lit une histoire. À 21:30, extinction des feux. Quand les enfants auront la majorité, ils auront le droit de faire ce qu’ils veulent.

Suivre l’ordre inverse, d’abord chaotique, puis nomique, me semble une erreur. Une personne qui ne connaîtrait que le chaos serait amenée à foncer le plus vite possible en accélérant vers sa propre destruction. Je ne le recommande pas.

IV Nomique ou chaotique ?

Quel est le mieux ? Nomique ou chaotique ?

Je pense qu’il faut un équilibre entre les deux. Plutôt nomique.

En écologie, il y a deux stratégies possibles : K et r.
K, ce sont de grands animaux, qui vivent longtemps, qui ont une faible fécondité et une dynamique stable.
r, ce sont de petits animaux, qui vivent brièvement, qui ont une forte fécondité et une dynamique instable.

L’être humain est adapté à la stratégie K, qui est nomique. Malheureusement, depuis l’invention de l’agriculture, nous sommes dans une dynamique chaotique.

Ce sont les femmes qui vont nous sauver. Calmes, stables et nomiques, elles portent en elles l’esprit dont nous avons besoin pour sortir de la crise.

Je tire une révérence particulière à toutes celles, qui par leurs blogs ou chaînes Youtube, enseignent les pratiques du monde de demain, fondé sur l’harmonie entre l’humain et la Nature.

Les Contes de la Montagne Paisible

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Chaque personne a le droit à l’amour. Partant de cet idéal et constatant une réalité bien différente, je me suis mis en tête d’écrire des histoires d’amour.

Étant donné le côté épique des Dieux du Sexe, j’avais besoin d’écrire des histoires plus légères. Fantasmes Ouvriers traite cet aspect sous l’angle sexuel. Les Contes de la Montagne Paisible, l’histoire que je vous présente ici, est le pendant romantique de Fantasmes Ouvriers. Car je pense que l’amour a le pouvoir de nous offrir la fidélité, tel un chêne vénérable aspirant à l’éternité.

Il y a de la beauté dans la simplicité, et dans le retour à la Nature.

Ceux qui souhaitent me contacter à propos de mes travaux peuvent le faire à l’adresse

corentin.charousset at gmail.com .

Bonne lecture, et que l’amour soit avec vous.

Corentin CHAROUSSET


Il était une fois une montagne paisible. C’était le printemps. Le jour, les oiseaux chantaient. Le soir, c’était le tour des rainettes. Des buissons perçaient des bourgeons, les arbres étaient en fleurs, épanouis. Un ruisseau s’écoulait tranquillement et abritait des saumons, des anoures, des tritons. De chaque côté du ruisseau, il y avait deux jolies maisons en pierre. Elles étaient reliées par un charmant pont en forme d’arc, que l’on pouvait passer à pied.

Pierre, un jeune homme brun, bien bâti et au beau visage, s’installait en ce lieu. Curieux des paysages et des saisons, il contempla la Nature autour de lui, s’imprégnant de l’immensité de la montagne.

Pierre s’installa dans une maison. Il alla rendre visite à la maison voisine. Il fut accueilli par une jeune femme se prénommant Flora.

C’était une femme souriante. De beaux yeux bleus, des cheveux blonds foncés, une belle silhouette, c’était une femme charmante. Elle avait une voix très douce.

Flora (Souriante.) Bonjour. Vous êtes ?

Pierre Je m’appelle Pierre. Je suis votre nouveau voisin.

Flora Enchantée ! Moi c’est Flora.

Son sourire et sa positivité mirent Pierre à l’aise.

Pierre En fait, je suis venu ici pour fuir la ville. Je veux une vie simple, loin des soucis.

Flora La ville, j’y vais pour vendre les légumes sur le marché. Mais il y a des gens gentils partout ! Entrez, je vous prie !

Pierre entre dans la maison rustique. Il y a peu de choses, mais elles ont toutes de la valeur. L’intérieur est vivant et organisé. Plus que tout, on ressent l’esprit de soin.

Flora Je t’écoute.

Pierre La ville… ça n’a rien à voir. Les gens ne se parlent pas, ne se connaissent pas. Les gens sont pressés, chacun dans leurs affaires. Pas disponibles. Les voitures font du bruit, les industries polluent. Tout est gris. Tout est laid. Je ne pouvais plus supporter ce mode de vie. Je voulais le calme. Alors je suis parti dans la campagne.

Flora Mais en ville, les gens ont plus d’idées, ils sont plus intelligents…

Pierre Aujourd’hui, il n’y a plus de raison. Avec le réseau informatique et de la curiosité, on peut tout apprendre !

Flora C’est vrai, j’ai vu des tutoriels, y a des trucs super ! Ce que j’aimerais faire, ce serait vivre en maison autonome. L’eau, le chauffage, la nourriture, l’électricité… Dans la vie, il faut toujours avoir un idéal, c’est ça qui permet d’avancer !

Pierre Si tu veux, on peut travailler tous les deux pour ça.

Flora (Avec un sourire.) Merci ! Tu peux venir quand tu veux chez moi. Toque à ma porte et je t’ouvrirai.

Elle lui adressa un sourire charmeur.

Les jours passèrent. Les déménageurs installèrent tout le matériel. Pierre songeait à Flora. Sa gentillesse. Sa simplicité. Son beau visage. Naturellement, il revint la voir.

Flora Oh, merci d’être venu. Mais je voudrais te demander un service.

Pierre Je t’écoute.

Flora Le soir, j’ai du mal à m’endormir. Alors peut-être que tu pourrais me raconter des histoires pour m’aider à dormir.

Pierre D’accord.

Chaque soir, Pierre lui racontait une histoire. L’histoire d’un démon au masque d’ange. Puis l’histoire d’un dragon qu’un chevalier doit tuer. Puis une histoire d’amour transcendant les classes sociales. Puis l’histoire d’un garçon qui veut rester enfant. Puis l’histoire d’un héros qui se bat contre le crime. Puis l’histoire d’un hobbit qui doit détruire un objet maudit. Puis l’histoire d’un savant qui invente une machine pour parler avec les animaux. Puis l’histoire d’un jeune homme qui voyage et se bat contre la misère du monde. Puis une utopie. Et d’autres histoires encore. À chaque fois, Flora écoutait attentivement, et l’histoire terminée, s’endormait et faisait de beaux rêves.

Vint le tour de l’été. Les cigales se mirent à chanter. Les fruits gorgés de soleil offraient leur saveur sucrée à qui voulait les cueillir. La nuit, les lucioles scintillaient. La montagne était belle, éclatante de couleurs.

Chaque fin de semaine, Flora et Pierre faisaient des choses ensemble. Ils installèrent une pompe dans le puits. Ils prirent soin des ruches. Ils récoltèrent les cerises. Ils firent du savon. Ils installèrent une souche de champignons dans la cave. Ils firent de la lessive avec de la cendre. Ils rajeunirent leur peau avec de l’œuf. Ils se baignèrent dans la rivière. Ils firent des crêpes. Ils cousirent des fantaisies sur leurs vêtements. Ils cueillirent des fleurs et les posèrent en bouquet dans la grande pièce. Ils fabriquèrent un four solaire. Ils firent du compost. Ils arrosèrent le jardin. C’était une vie calme, il n’y avait aucun souci.

Vint le tour de l’automne. Le ciel se couvrait de tristes nuages gris. Les feuilles des arbres devenaient rouges, orangées, jaunes, virevoltant au gré des vents. On entassait le bois, les provisions pour passer l’hiver.

Pierre racontait à Flora ses déceptions sentimentales.

Pierre En ville, j’étais en couple avec une femme. Elle avait des théories compliquées, mais elle était très méchante. Elle a cassé la relation brutalement, sans raison.

Flora Il faut connaître la personne. C’est comme ça qu’on sait si on peut partager sa vie avec elle. Viens, je veux te montrer quelque chose.

Et Flora l’amena faire une promenade. Entre trois montagnes, sur un plateau d’herbe verte, trônait un arbre majestueux. Un écriteau de marbre, gravé très profond et peint de noir, indiquait la nature de cet arbre.

Flora C’est un chêne vénérable. Il a plus de 1 000 ans. Il a bravé vents et tempêtes et il est toujours là. C’est ce que je veux. Une relation sérieuse. Une relation durable. Rester unis malgré les difficultés. L’amour à vie.

Pierre Flora, tu es une belle personne. Toutes les ruptures que j’ai vues n’étaient que le produit de la haine. L’amour est simple et pur, c’est une force universelle qui nous apporte le bonheur. C’est en cela que je crois.

Pierre esquissa quelques pas, fuyant Flora.

Pierre Mais je dois partir. J’ai des choses à faire en ville.

Flora Pierre, reviens quand tu veux. Tu seras toujours le bienvenu chez moi.

Vint le tour de l’hiver. La montagne se couvrit de neige. Tout était blanc. Le froid était glacial. La cheminée appelait.

Pierre était de retour dans la montagne. Il toqua à la maison de Flora. Pas de réponse. Il s’aperçut qu’un carreau était brisé et se dit que quelque chose n’allait pas. Il vit des traces de pas sur la neige et décida de les suivre.

Les marques montaient le long d’un chemin dur et sinueux. Arrivé en haut, c’est alors qu’il la vit.

Flora était seule, au bord d’un précipice, emplie par le désespoir.

Pierre Flora. Ne fais pas de bêtise.

Flora Mais je suis bête ! Je veux mourir ! Les gens de la ville sont plus intelligents que moi ! Tout ça c’est de ma faute…

Et tandis qu’elle lâche quelques larmes, Pierre comprend sa détresse : les gens de la ville ont réussi, au loin, à détruire une montagne.

Pierre Flora ! Tu n’es pas idiote ! Par ailleurs tu as un plus grand cœur que les gens de la ville ! Tu es une femme magnifique. Viens.

Elle s’approche de lui. Il essuie ses larmes d’un geste tendre. Il la regarde dans les yeux, intensément, profondément. Il la serre dans ses bras dans un câlin cœur à cœur.

Pierre Je t’aime, Flora.

Flora Moi aussi… je t’aime.

Lèvres contre lèvres, ils s’embrassent longuement, langoureusement.

Ils vécurent heureux. Ils eurent une vie calme, faite d’amour. Ils eurent des enfants et leur offrirent la meilleure éducation. Âgés, la mort les sépara, on les brûla et on mit leurs cendres dans la même urne. Sur cette urne étaient gravés les mot suivants : Paix et amour.

Fantasmes Ouvriers

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Chaque personne a le droit à l’amour. Partant de cet idéal et constatant une réalité bien différente, je me suis mis en tête d’écrire des histoires d’amour.

Étant donné le côté épique des Dieux du Sexe, j’avais besoin d’écrire des histoires plus légères. Voici donc Fantasmes Ouvriers, une nouvelle qui parle de jeunes précaires qui font l’amour dans l’herbe. À force de passer du temps ensemble et de se parler, ils pourraient bien finir par trouver des perspectives.

Ceux qui souhaitent me contacter à propos de mes travaux peuvent le faire à l’adresse

corentin.charousset at gmail.com .

Bonne lecture, et que l’amour soit avec vous.

Corentin CHAROUSSET


Dans une ville ouvrière et rurale, de jeunes précaires sont dans la galère. Pourquoi se fuir ? La vie est trop belle pour qu’on la gâche. Alors ils font l’amour dans l’herbe pour oublier leurs soucis.

C’est vendredi. La belle Anna attend son bien-aimé Pierre à l’entrée du parc. Mince, brune et charmante, elle est plate mais son sex-appeal fait que l’on dit d’elle que c’est une belle femme, à l’unanimité.

Pierre arrive en vélo. C’est un grand gars, mince et musclé, au charisme certain.

Ils s’embrassent d’un bref baiser bouche contre bouche.

Anna Y aura de la musique ce soir. Ça va mettre l’ambiance.

Pierre Au bureau, y a mon patron qui…

Anna Oublie le travail, Pierre ! C’est notre moment de liberté, on est là pour décompresser. Allez, viens.

Ils rentrent dans le parc et retrouvent leur pote Priscilla. C’est une grande brune au visage ouvert, positive, un peu fofolle. Très belle, sa silhouette en sablier ferait rêver plus d’un peintre La taille très mince, de bonnes fesses rondes et rebondies, une poitrine épanouie, son corps est assez idéal.

Priscilla J’ai ramené ma flûte, les garçons ont pris des tam-tam et un didgeridoo. On va jouer de la musique celtique et on va danser.

Flûte, tambour, accordéon… On se met à jouer la gigue de Morrison, puis d’autres morceaux. Ils sont assis sur l’herbe, à-côté d’un bassin d’eau dans lequel se dresse une sculpture blanche d’une femme splendide, tête en arrière, secouant sa chevelure de ses mains.

Romain, un jeune homme mystérieux, reste assis. Sa longue chevelure brune et raide tombe à même le sol.

Priscilla (Souriante.) Salut. Tu viens danser ?

Après avoir effacé de son esprit une blague matheuse, Romain, hésitant, lâche un borborygme.

Romain Bwarf.

Priscilla Allez, sois pas timide, on est là pour s’amuser !

Rythme entêtant, invitation d’un geste de la main, ils rentrent dans une danse folle, tournant, avançant, reculant, battant des mains, la musique leur arrache quelques rires. Priscilla ne peut s’empêcher de toucher les bras de Romain, de le caresser, de poser sa tête sur son épaule.

Priscilla s’en va, puis revient.

Priscilla Ah !

Elle s’en va ailleurs, puis revient.

Priscilla (À Romain.) Danse avec moi, mon chou.

Et ils reviennent dans la musique. Cornemuse ? Oui, j’affirme. Ça va déménager.

Priscilla Est-ce que tu veux faire l’amour avec moi ? Ça a l’air compliqué, mais ça ne l’est pas.

Elle lui montre, pour preuve, une femme et un homme qui font l’amour nus, complices et rieurs.

Romain (Souriant.) Je veux bien.

Elle lui arrache ses vêtements. Ils font l’amour ensemble.

Baptiste, quant à lui, s’en tient à la rengaine habituelle : les bites. Brun et barbu, il a pris du bide, mais il tient la barre. Ah oui, il a pris de l’alcool.

Baptiste Le mec, il roule en Mini, mais elle monte à 250 ! Message : c’est pas la taille qui compte, mais la façon dont on s’en sert !

Vanessa Oui ben toi, je te connais, de bout en bout, tu fais vraiment poids-lourd !

Vanessa est une blonde aux yeux bleus magnifiques. Elle s’habille avec de beaux vêtements colorés, mais ce qui intéresse les mecs, c’est ce qu’il y a en dessous. En particulier sa belle poitrine si bien galbée.

Baptiste Plus c’est gros, plus ça marche !

Anna (Nonchalante.) Oui ben c’est bien connu, plus on a des gros biscoteaux, moins on utilise son cerveau… Vas-y, épelle le mot biscoteau.

Baptiste B comme bite, I comme… euh, la chatte d’une femme, S comme gros seins, C comme cul, O comme oh la la !, T comme partouze…

Anna Il est bourré.

Baptiste Non j’suis pas bourré !

Anna Vas-y, fais le test du bourré. (Elle mime le geste.) Debout sur une jambe, tu tiens l’autre avec le bras.

Baptiste lève une jambe.

Baptiste Non, j’suis pas…

Il s’effondre lamentablement tandis que les autres l’empêchent de tomber.

Rosa En même temps, y a rien de pire que la cuite au vin rouge…

Rosa est une jeune femme très simple. Au physique moyen, elle ne paye pas de mine, mais elle en a dans le crâne.

La soirée s’achève tranquillement, petit à petit. Le cœur léger, Romain repense à la sculpture de femme, non sans une pensée pour Priscilla.

Le lendemain, les jeunes précaires se retrouvent pendant la journée, entrant, sortant du parc, revenant, de façon très naturelle.

Avec une voix qui en jette, Vanessa chante.

Vanessa (En chantant.)

Sans travail, sans argent, sans peur

Car l’amour fait notre bonheur

Camille au chômage, Romain le tanguy

Aujourd’hui il n’y a pas de souci

L’amour est à la portée de toutes les bourses

Il n’y aura pas de fin à cette course

Nous n’aurons pas peur

Tant qu’il y aura des fleurs

Nous n’aurons pas peur

Tant qu’il y aura des fleurs

Au son de la guitare, Anna flirte avec Baptiste, Priscilla embrasse Romain. La belle Camille approche les garçons. C’est une rousse, aux yeux bleus de cristal, mince, aux hanches larges et à la poitrine fournie. D’une voix très douce, elle exprime ses souhaits.

Camille Mon rêve, ce serait de me faire prendre avec un garçon devant et un autre derrière. Pierre est d’accord. Ça te dit ?

Frédéric, le garçon à qui elle fait sa demande, lui sourit en signe d’intérêt. C’est un homme brun et musclé, l’esprit vif, à la fois sauvage et intellectuel.

Frédéric Pas de souci, il suffit de passer un coup d’eau.

Pierre (À Camille.) Tu vas prendre très cher.

Camille se rengorge, chaude et enthousiaste. Elle a l’odeur du sexe.

Baptiste Un jour, je ferai construire une tour phallique ! Elle fera un kilomètre de haut, et toutes les femmes du monde viendront s’empaler dessus.

Anna Baptiste, je pense que tu nous suffis largement.

Priscilla offre une fleur à Romain.

Priscilla Reviens ici quand tu veux.

Le cœur léger, ils font l’amour au milieu des oiseaux et des fleurs.

S’il y a une chose à laquelle ils ne veulent pas penser, c’est à la précarité. La terreur du lundi, du travail absurde et éreintant, de la recherche d’emploi dans une société qui veut des chômeurs pour mieux exploiter ceux qui ont décroché quelque chose, de la paperasse sans fin et de la prise de tête entre l’administration incapable, la famille qui a du mal à trouver un nouveau modèle et les amis qui malheureusement, n’égalent pas les colocataires.

Il leur faudra de l’ingéniosité à ces jeunes, à ce peuple de l’amour et des fleurs, pour se trouver une place dans un monde où il faut bien travailler pour vivre.

Dans un simulacre de restaurant, Romain s’attelle à un simulacre de cuisine.

Collègue Romain, un Filet-O-Fish !

Romain (Les pensées sont en italique.) Un Filet-O-Fish. Carrément.

La tête ailleurs, il exécute à contre-cœur quelques gestes, songeant à la liberté du vendredi.

Le vendredi arrive. Les inséparables Cindy et Cynthia vont parler à un mec, pour changer. Cindy est dodue, elle a une forte poitrine. Un physique idéal pour les câlins et les caresses. Cynthia est très mince, son pantalon lui rentre dans les fesses, son string dépasse sur les hanches. Ses cheveux blonds sont coupés courts.

Le garçon en question est un innocent répondant au nom de Quentin.

Quentin Il fait chaud ici. Ça doit être le réchauffement climatique.

Cynthia C’est toi le réchauffement climatique.

Quentin Mais pas du tout ! Je suis très écolo !

Cynthia Les femmes préfèrent les quenelles aux spaghettis.

Quentin — À la poêle ou au four ?

Cindy éclate d’un rire clair.

Cindy — Nigaud ! Tu comprends pas qu’on est là pour baiser !

Quentin — C’est possible ?

Cynthia — Dans un rêve d’amour, tout est possible. Mais prends garde, mon lapin… Si on est trop nombreux à rêver trop fort, il se pourrait bien que le rêve devienne réalité.

Anna, en bon professeur, donne une leçon sur le périnée.

Anna — Le périnée, c’est un muscle qui se trouve dans l’entrejambe, entre le rectum et les parties génitales.

« Chez la femme, un périnée musclé permet de faire des contractions vaginales, ce qui augmente le plaisir pendant la pénétration. Il permet aussi de mieux faire face à la grossesse en évitant les fuites urinaires.

« Chez l’homme, un périnée musclé permet de retarder l’éjaculation. Finies les éjacs précoces.

Romain — Comment on fait pour le muscler ?

Anna — C’est simple. Il faut uriner, puis se retenir d’uriner pour arrêter d’uriner, puis uriner, puis se retenir… Le périnée se contracte.

Un jeune homme noir africain, curieux et naïf, se pose des questions. Répondant au nom de Doudou, il exprime son interrogation.

Doudou — Je vous ai vus faire l’amour sur l’herbe. Pourquoi vous faites ça ?

Pierre — L’Église a toujours condamné le sexe, en disant que c’était quelque chose de maudit. Nous ne sommes pas d’accord avec ça. Nous pensons que le sexe stimule notre instinct primaire de l’amour et unit les gens. La liberté sexuelle contribue à notre bien-être. En 1871 il y a eu la Commune de Paris, où c’était l’union libre. En 1968 il y a eu la Révolution sexuelle, où les gens disaient « Jouissons sans entraves. ». Nous nous revendiquons de ces mouvements-là.

Doudou — Je sais pas ce que c’est, mais ça a l’air chouette.

Pierre — Ouais. (Avec un signe de la victoire très cool.) Faites l’amour, pas la guerre.

Rosa — Hé tout le monde ! J’ai trouvé un truc pour nous sortir de la merde !

Petit à petit, toute l’attention se tourne vers le discours de Rosa.

Rosa — Avec des potes on a réussi à arracher un bon terrain avec une maison dans la campagne. On pourra vivre de la culture de la terre sans cette pourriture capitaliste. On cherchera un mode de vie. Notre objectif sera d’être autonomes en eau, autonomes en chauffage, autonomes en nourriture et autonomes en électricité.

Romain — Et si on veut faire autre chose ?

Rosa — Alors on fondera une entreprise avec égalité des salaires et égalité du pouvoir de décision. Êtes-vous prêts pour une vie meilleure ?

Lourds de leur passé précaire et enthousiastes, ils acquiescent, unanimes. Le cœur empli d’amour, ils vont en quête d’un terrain, d’une utopie. Leur travail est magique, car il contribue à leur liberté.

Dans quel pays trouver l’amour à vie ?

L’amour à vie, rêve de la jeunesse enthousiaste !

Comment le trouver ?

Il y a les méthodes universelles : communiquer, prendre le temps de connaître la personne, se lier d’amitié, la sexualité étant la cerise sur le gâteau.

Une étude affirme que pour qu’un mariage réussisse, il faut les trois facteurs suivants : de l’affection, de la stabilité et la capacité à ignorer la négativité1.
La discussion est nécessaire. Hélas, dans ce monde de plus en plus instable, la fidélité est une vertu qui se fait rare.

Ci-dessous, quelques chiffres qui laissent à réfléchir2. Nous vivons dans un monde de différences, et la personne qui chercherait à se caser gagnerait à se tourner vers les pays où elle a ses chances.

Soyez fidèles.

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Notes :

1 : Source : Gottman et al., The Mathematics of Marital Conflict : Dynamic Mathematical Nonlinear Modeling of Newlywed Marital Interaction, Journal of Family Psychology, 1999, Vol. 13, No. 1,3-19
2 : Source : Wikipedia, Divorce demography

Le mariage talam

Plutôt que de tenir des discours pesants, je préfère toujours raconter des histoires. L’histoire qui va suivre raconte le mariage très sérieux entre Frank et Anya suivant les coutumes de la tribu talam.


La tribu talam vit dans le grand Nord, au-delà des montagnes qui bordent la région septentrionale de la Toporique. Elle considère qu’aucun plaisir n’a d’importance comparé à la sexualité, d’où une technologie plus rudimentaire que les tribus voisines. En somme, ils vivent d’amour et d’eau fraîche.

Vêtus d’habits polaires, Frank et Anya viennent leur rendre visite durant l’été. Ils ont fait un long voyage ensemble et sont désormais unis d’un lien très fort.

Frank est un jeune homme à la peau marron, grand et assez musclé. Sa chevelure rebelle, longue, noire et raide, tombe librement sur son dos. Ses yeux sont marron, mais une personne attentive remarquera une lueur de jaune au milieu de l’iris.

Anya est une femme à la peau caramel. Petite et à la taille très mince, elle a un peu de hanches. Elle a vraiment des seins minuscules. Ses beaux yeux bleus, grands et lumineux, offrent un contraste très agréable par rapport à ses cheveux en très fines mèches noires.

Ils s’aiment malgré leurs défauts.

Le dôme troglodyte de la sage-femme est parfumé d’encens, le carillon tinte dans une sonorité cristalline. C’est dans ce cadre que Frank et Anya s’entretiennent avec la sage-femme, guide féminin de la tribu.

Sage-femme Chez nous, nous avons facilement accès au plaisir de la chair, mais pour obtenir le cœur d’une personne, il faut le mériter.

Anya En Toporique, beaucoup de couples se séparent. Ils se mettent en couple trop rapidement, sans se connaître, et au bout d’un moment ils se rendent compte qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre.

Frank Ils se marient avec un esprit de fête, et ils se séparent aussi vite qu’ils se sont mariés. Tout ça c’est du superficiel !

La sage-femme le regarde d’un air stoïque et grave.

Sage-femme Pas chez nous. Nos mariages sont très sérieux.

Elle marque une pause.

Sage-femme Il faut connaître la personne, partager sa vie avec elle. Il faut avoir une confiance totale en la personne.

«  Avez-vous déjà vécu ensemble ?

Frank Oui.

Sage-femme Avez-vous déjà eu des relations sexuelles ensemble ?

Anya Oui.

Sage-femme Voulez-vous vous marier suivant nos coutumes ?

Anya Oui.

Frank Oui.

Sage-femme Le rituel commencera demain. Le Lieur procédera à la cérémonie.

Le lendemain, le khan, le guide masculin de la tribu, vient informer Frank et Anya du déroulement du rituel.

Khan Le Lieur a accepté votre demande. Vous devez aller dans le dôme de la sage-femme.

Frank et Anya vont voir la sage-femme dans le dôme. Elle leur sert une boisson chaude.

Sage-femme En hiver il fait très froid, donc nous vivons dans les cavernes. Nous sommes en été, mais la nuit est trop froide, donc nous allumons un bon feu pour nous réchauffer.

Frank et Anya sirotent leur boisson, plutôt sucrée, plutôt agréable, au goût exotique.

Frank Quelle est cette boisson ?

Sage-femme C’est une boisson qui diminuera énormément vos capacités magiques. Vous serez jugés sur votre cœur.

Anya Elle fait partie du rituel ?

Sage-femme Oui, elle en fait partie.

Ils finissent leur boisson tranquillement.

Le khan vient les avertir.

Khan Le Lieur est prêt. Vous pouvez prendre part à la cérémonie.

Frank et Anya sortent à l’extérieur.

Un battement de tambour, lourd et solennel, introduit le Lieur.

C’est un colosse, un homme massif aux muscles saillants et puissants, parfaite tablette de chocolat, jambes telles des piliers, le corps barbouillé de terre, la chevelure longue, sauvage et hirsute.

D’un geste leste, il saisit Frank comme si c’était un caillou, lui attache un boulet de métal avec une chaîne et le balance brutalement dans un plan d’eau. Il est menacé de mort par noyade.

Anya reprend des forces avec une méditation brève, mais profonde.

De toutes ses forces, elle invoque une nuée d’insectes filant comme le vent, buvant l’eau du plan d’eau. Elle diminue à vue d’oeil jusqu’à laisser Frank gésir, inspirant, expirant à fond. Anya court vers le fond et lui brise la menotte.

Sage-femme Vous avez réussi la première moitié de l’épreuve. L’autre partie aura lieu demain.

Le lendemain, Frank et Anya, sous l’effet de la boisson anti-magie, sont dans la forêt pour la suite de l’épreuve. L’ambiance est plus calme, il y a un son de flûte. Ils écoutent les paroles du Lieur, qui parle avec une voix à la fois douce et virile.

Lieur Il faut connaître la personne, savoir quelles sont ses forces, ses faiblesses…

Il tape sur l’épaule de Frank, plutôt comme une accolade, l’accompagne sur quelques pas.

Lieur être à l’écoute de la personne, discuter avec elle…

Anya AAAAAAAAAAAHHH !

C’était un hurlement strident, à glacer le sang.

Frank se retourne.

Une plante carnivore, conifère aux branches basses, suce, colle et aspire Anya. Elle veut la manger.

Frank prend le temps d’une méditation, brève mais profonde.

D’un geste classe, il matérialise une épée scintillante et étincelante, qui se teint immédiatement en rouge.

Vif, presque comme une danse, il coupe une à une une les branches de la plante carnivore.

Elles repoussent instantanément.

Frank (Les pensées sont italique.) Il faut la tuer à la racine. Les conifères aiment les sols acides… Si j’utilise le bon alcalin, je peux sûrement l’empoisonner.

Debout et ferme, les bras lancés vers le ciel, tête en haut, Frank invoque les bases du sol pour les amener dans les racines. Dans une impression de surpuissance, des morceaux de terre s’élèvent, les alcalins montent vers la plante, le tronc de la plante est tiré vers le haut, excédée par le poison, elle crève et se brise.

Telle un trésor, libérée et au sourire étincelant, Anya s’élève vers le ciel. Frank la rejoint en lévitant, la prend dans ses bras. Ils s’embrassent en s’élevant vers le ciel avec un mouvement de spirale, dansant tout en grâce.

Malgré les vêtements lourds, Anya s’en sortira avec une cicatrice sur la jambe.

Lieur Vous avez réussi la cérémonie. Allez parler à la sage-femme.

Frank et Anya rejoignent la sage-femme dans le dôme.

Sage-femme Vous avez prouvé que vous étiez prêts à consacrer votre vie l’un pour l’autre.

Elle leur montre d’un geste une urne en terre cuite. Ils se penchent et en regardent le contenu. Il y a un maillon en métal et une branche de conifère.

Sage-femme Ce maillon et cette branche vous rappelleront que vous êtes prêts à tout l’un pour l’autre. Lorsque vous mourrez, vos cendres seront mélangées dans cette urne. Selon nos traditions, vous êtes désormais épouse et époux.

Frank et Anya se regardent d’un œil étincelant, souriants. Désormais, ils savent qu’ils connaîtront le bonheur de l’amour à vie.

L’éolotrope

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L’éolotrope est une éolienne qui mêle l’utile à l’agréable.

Elle est designée pour fonctionner à une puissance supérieure, utilisant les vents rapides. Car la puissance d’une éolienne est très sensible à la vitesse du vent : si le vent est 2 fois plus rapide, l’éolienne produira 8 fois plus de Watts. Le mât élevé, consolidé par des arcs-boutants, permet de cueillir des vents plus rapides. Les multiples petites pales, souples comme celles des hélicoptères, s’associent volontiers avec une rotation à haute fréquence. Le modèle bipale permet d’avoir de bons rendements à des vitesses supérieures.

L’esthétique est basée sur une girouette arc-en-ciel et de splendides ornements. Le Soleil levant irise les nuages d’un rose magique. Le paysage est inspiré des forêts de la Catalogne.

Les noms des créateurs sont indiqués sur la machine. Αἰόλος est le dieu des vents dans la mythologie grecque. La Cour et Savonius sont deux savants qui ont marqué l’histoire de l’énergie éolienne. Enfin, les noms des travailleurs sont gravés sur la machine.

Merci de me dire ce que vous en pensez 🙂 .

Le tabou du sexe

Dans une tribu des îles du Pacifique, le sexe de la femme est tapu, c’est-à-dire interdit. Il est vu comme étant un trou destructeur1.

Cette conception des choses négative et idiote a donné naissance au mot tabou. Je suis venu vous parler du premier tabou qui vient à l’esprit : le sexe.

I Interdits et libertés
II La révolution sexuelle
III Quelle morale pour le sexe ?


I Interdits et libertés

Pour prendre du recul sur les choses, nous voyagerons loin et nous pencherons sur les interdits sexuels en Europe pendant le Moyen-Âge.

1- Interdits
2- Libertés

1- Interdits

Au Moyen-Âge, les choses sont claires : la jouissance est interdite.

« Et en lieu et place de l’ordre contemporain indiqué ci-dessus, on trouve mariage, sexualité, procréation, le sentiment (surtout après le mariage) n’étant pas exclu et le plaisir, lié au corps, se trouvant interdit par les clercs. »2

Allons encore plus loin.

« Recourant à des sortilèges, elles subissent les foudres de l’Église. En témoigne, entre autres, le pénitentiel de Burchard de Worms.
Dans la plupart des cas, c’est le mari dont on souhaite accroître l’ardeur amoureuse. Boire son sperme pour y parvenir entraîne sept ans (sic) de pénitence au pain et à l’eau aux jours fixés. »2

L’auteur nous rassure en nous disant que de tels interdits ne sont pas humains.

« Les couples soucieux de respecter les enseignements de l’Église ne pourraient s’unir que 91 à 93 jours par an, sans compter les périodes d’impureté de la femme. Les couples n’observent pas, ne peuvent pas observer une telle continence. »2

Le christianisme, une religion de l’amour ? Il faudrait peut-être se remettre en question. C’est ce qui s’est passé avec la Renaissance lorsque l’Occident s’est mis en quête de libertés.

2- Libertés

Il a fallu du temps pour que le droit à la jouissance soit reconnu. Au XIXème siècle pendant l’Angleterre victorienne, les choses étaient encore très dures.

« Dans l’ordre chronologique, Ellis fut le premier à considérer la sexualité humaine comme un « objet d’étude ». Il faut dire que les difficultés sexuelles dans lesquelles il était plongé rendaient la tâche nécessaire ! Empêtré dans le victorianisme ambiant, il avait fort peu d’expérience en la matière, eut son premier rapport sexuel très tardivement, sa vie sexuelle avec son épouse fut quasiment inexistante, celle-ci ayant ouvertement des relations homosexuelles en dehors du mariage. Quant à notre pauvre Ellis, il eut des maîtresses, même si le mot semble disproportionné par rapport aux quelques baisers qu’il échangea avec elles, sans aller plus loin. Ses Études de psychologie sexuelle sont un pavé dans la mare du puritanisme ambiant : il faut se replacer à une époque et à un lieu, l’Angleterre de la fin du XIXème siècle, où la masturbation était considérée comme source de graves maladies physiques, où les pollutions nocturnes elles-mêmes étaient condamnées : les pauvres jeunes hommes n’avaient aucun moyen jugé « moral » d’assouvir leurs pulsions, hormis le mariage. »3

Il y avait pourtant bien eu des secousses. Les libertins du XVIIème siècle prônaient la liberté sexuelle, ce qui a permis à Molière de mettre en scène son Don Juan, qui finit de façon spectaculaire en enfer. Voltaire se riait des interdits et dans L’Ingénu, faisait se lier d’amour un bon sauvage avec sa marraine, ce qui était considéré comme un inceste à l’époque. Pendant la Commune de Paris en 1871, c’était l’union libre.

Mais il faudra attendre la fin de la Seconde Guerre Mondiale et un vent d’espoir pour la dernière secousse, dont certains Anciens se souviennent : la révolution sexuelle.

II La révolution sexuelle

1- Mai 1968
2- La trahison des soeurs de gauche
3- Et l’évolution ?

1- Mai 1968

Avec l’horreur des camps de concentration, on touche le fond, mais on rebondit. La génération de l’espoir, celle du baby-boom, arrive à l’âge adulte vers 1968.

Ce sera une révolte menée par des étudiants qui réfléchissent sur le monde. Le théâtre de l’Odéon devient un lieu de débats permanents4. Les gens se parlent. C’était une époque où une réunion décisionnelle pouvait durer 5 heures.

L’esprit est à la liberté sexuelle. On pouvait entendre les slogans suivants :

« Il est interdit d’interdire ! »
« Plus je fais l’amour, plus j’ai envie de faire la révolution, plus je fais la révolution, plus j’ai envie de faire l’amour. »
« Jouissons sans entraves ! ».

Les Gaulois savaient fabriquer des capotes dès l’Antiquité. Mais avant mai 1968, elles étaient illégales. Il a fallu que la révolution sexuelle passe par-là pour les faire accepter.

Mai 1968 a aussi attaqué l’institution qu’est le mariage. Elle a été remplacée, de fait, par le divorce. On peut se demander quelle finalité il y a dans une sexualité consumériste où tout se brûle.

Aujourd’hui, les mêmes qui en 1968 prônaient la révolution sexuelle sont aujourd’hui les plus prudes.

2- La trahison des soeurs de gauche

Si vous recherchez un vent de révolution sexuelle, n’allez surtout pas voir les jeunes militants. Ils condamneront votre liberté. Des discours qui auparavant étaient réservés aux curés et à la droite sont aujourd’hui le leitmotiv des chiennes de garde anti-sexe que sont les féministes que j’ai pu rencontrer.

Susceptibles et agressives, castratrices, ce sont des amazones, des petites bourgeoises, des chiennes qui ont la rage. Dites-leur qu’elles sont belles, et elles vous condamneront. Il paraît que la juridiction romaine ne faisait aucune différence entre la séduction et le viol… Avec les bonnes soeurs de gauche, bienvenue dans la juridiction romaine.

Permettez-moi de les appeler les néo-victorianistes, avec autant de haine que je pourrais avoir pour les néo-nazis.

Elles ont tué la révolution sexuelle.
Elles connaîtront le sort de Judas.

Une révolution inachevée… des histoires de secousses… mais alors, quelle est l’évolution dans tout cela ?

3- Et l’évolution ?

Sur le long terme, le principal facteur qui joue en histoire, c’est la philosophie d’une culture. Le premier facteur, c’est la religion.

Tandis que le judaïsme, le christianisme et l’Islam vénèrent le même dieu et se tapent dessus, ailleurs, les choses sont bien différentes.

La horde de dieux de l’hindouïsme, les esprits de la Nature du shintoïsme, le chaos du taoïsme, l’ordre du confucianisme, coexistent en Asie. Les Asiatiques n’excluent pas, ils accumulent.

Par ailleurs, il y a des religions naissantes dans les mouvances écologistes, avec des idées d’harmonie, d’esprits de la Nature, de Terre-mère.

Où est-ce que je veux en venir ?

Simplement que le système religieux conditionnera le système sexuel. Tant que l’Occident demeurera dans le christianisme, il connaîtra l’intolérance et un très dur tabou du sexe.

Le retour de la pudeur n’est selon moi pas dû au SIDA (on a des capotes), mais à l’esprit de la crise qui anime aujourd’hui l’Occident. À mon sens, l’Occident est décadent, et l’Asie est la puissance montante.

On m’objectera que les Asiatiques sont très prudes, que les démonstrations publiques d’affection y sont mal vues. Je répondrais qu’il faut voir les choses sur le long terme.

Historiquement, le rapport au corps en Asie est plus ouvert. Le Kamasutra, manuel pour les aristocrates, a été écrit par un brahmane revendiquant l’exercice du plaisir (les positions sexuelles n’étant qu’un chapitre de cet ouvrage). Le Japon a des traditions sexuelles débridées, on y jouait au jeu du grand phallus, un concours d’érection5, et on y a inventé le harigata, pénis en cuir pour les femmes. Les arts martiaux codifient et nomment les positions, les mouvements. Le yoga favorise la souplesse et recherche une harmonie entre le corps et l’esprit.

C’est pourquoi je pense que l’Asie saura mieux porter la liberté sexuelle. L’évolution la mènera à retrouver ses traditions.

Mais du coup, où est le bien ? Où est le mal ? Tout cela est dans le fond une question de morale.

III Quelle morale pour le sexe ?

Misogyne, raciste, militariste… Le livre des Juifs, sur lequel se basent les religions abrahamiques judaïsme, christianisme et Islam, est empli de violence. C’est pourquoi je n’oserai pas considérer ses enseignements comme moraux.

Plus tolérantes, d’autres philosophies existent. Permettez-moi de vous parler ici des morales grecques et asiatiques.

1- Morales grecques antiques
2- Morales asiatiques
3- Libres dans le respect

1- Morales grecques antiques

Selon la philosophie grecque connue sous le nom d’eudémonisme, la morale a pour but le bonheur.

Épicure revendiquait le plaisir comme faisant partie de la morale. Il tempérait son propos en disant que parfois, il faut savoir faire des sacrifices pour mieux s’en sortir sur le long terme.

2- Morales asiatiques

L’hindouïsme affirme que pour trouver la paix éternelle, une personne doit mourir en s’étant auparavant débarrassée de son ego.

Selon le taoïsme, il n’y a pas de bien ou de mal, tout est une question d’équilibre.

3- Libres dans le respect

La misère sexuelle est une chose terrible. Tandis que les uns, en haut, connaissent l’orgasme et jouissent du puissant bonheur offert par les endorphines, les autres, en bas, sont condamnés à la solitude et à la frustration.

Je pense qu’une sexualité épanouie contribue hautement au bonheur humain. Constatant sa rareté exceptionnelle, je suis de l’avis que nos sociétés sont excessivement anti-sexe.

C’est pourquoi je prône la liberté sexuelle. Basée sur le respect, elle saura nous rapprocher et nous rendre heureux. En ce sens, la sexualité est une bonne chose 😀 .

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Notes :

1 : Source : Le Sexe, éditions Quintesciences
2 : Source : L’amour au Moyen-Âge – La chair, le sexe et le sentiment, Jean VERDON, éditions Perrin
3 : Source : Parlez-moi d’amour !, Patrick PAPAZIAN, éditions de l’Opportun
4 : Source : 68, film documentaire sorti en 2008
5 : Source : L’Art d’Aimer au Japon, éditions Solar-Minerva